Revue syndicale à caractère scientifique et culturel de la CGT FERC Sup

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Document d’orientation de la CGT FERC Sup • 3e congrès (Blainville-sur-Mer 2017)

Document d’orientation adopté en mars 2017, au 3e congrès de la CGT FERC Sup à Blainville-sur-Mer par 95,32% des voix exprimées.


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avril 2011

II • Revendications pour une réforme du système d’évaluation

1 • Réformer la représentativité du CNU : une instance démocratique, ouverte, expression de la communauté scientifique dans sa diversité

a) Une instance commune pour un corps commun
La Ferc Sup CGT revendique la fusion des corps des Maître de conférences et des Professeurs d’Université. Une des conséquences de cette fusion, serait, au niveau du CNU comme de toutes les autres commissions, y compris celles dédiées au recrutement, la fin de la délibération séparée des deux corps. Il cesserait d’y avoir deux sciences différentes parce qu’il y a deux corps différents dans la Fonction Publique de l’enseignement supérieur.

b) Une instance transparente et responsable devant sa communauté
Que chaque section doive statutairement rendre compte de ses critères devant la communauté scientifique compétente, en les diffusant et les soumettant effectivement à la discussion, par tous les moyens nécessaires, auprès de tous les membres de la section CNU.

c) Une instance où l’on ne siège pas deux fois et où l’on ne s’auto-évalue pas
Contre les rentes de situation. Le spectacle d’élus CNU s’attribuant réciproquement des promotions a malheureusement dégradé l’image de certaines sections du CNU. Pour combattre cette logique, nous revendiquons que les membres du CNU ne puissent pas faire de second mandat et qu’ils soient évalués immédiatement après élection d’un nouveau CNU, de sorte à empêcher toute situation d’auto-évaluation, même indirecte.

d) Représentation proportionnelle des différentes catégories d’EC
En l’absence de fusion des corps, il est au moins nécessaire que soit établie une représentation des catégories d’enseignants-chercheurs proportionnelle à ce qu’ils représentent dans la population totale.

e) Un ratio d’élus mieux proportionné à la taille de la communauté scientifique
Un ratio stable doit être établi de manière proportionnelle entre le nombre de représentants et le nombre d’EC dans chaque section puisque de ce ratio dépend la charge de travail relative de chaque élu au CNU en matière d’évaluation. En l’absence d’un tel ratio, l’inégalité de traitement lors de l’évaluation des rapports quadriennaux sera considérable et des enseignants, ainsi que leurs disciplines, seront pénalisés.

2 • Redonner une utilité scientifique à l’évaluation

Les enseignants-chercheurs sont naturellement ouverts à toutes les solutions qui permettraient d’avoir plus de temps pour lire les travaux de leurs étudiants et collègues, les aider à progresser dans le savoir et progresser eux-mêmes en retour, s’entraider à ouvrir de nouveaux horizons, pour le bénéfice de tous. Une instance nationale comme le CNU pourrait servir à cela : contribuer à mettre en relation, à faire connaître à d’autres chercheurs les travaux originaux et stimulants qui n’auront pas toujours été remarqués dans tel ou tel endroit par des agences limitées par leurs critères superficiels, donner du temps pour méditer et nourrir de nouvelles hypothèses aux collègues écrasés par les tâches d’enseignement et d’administration dans un contexte de pénurie budgétaire. Défendre aujourd’hui le Service public d’enseignement et de recherche, c’est faire valoir le sérieux et l’indépendance de la recherche et de l’enseignement, contre la notation superficielle et pressée.

a) Évaluation qualitative et constructive
L’évaluation scientifique de la recherche doit avoir pour but de l’enrichir, de lui faire franchir de nouveaux paliers, de lui ouvrir de nouveaux horizons. Elle doit être approfondie, fine, offrir aux chercheurs un recul bienvenu sur leur parcours, des propositions d’hypothèses pour vaincre des obstacles, dégager de nouvelles voies, envisager de nouvelles synergies avec d’autres chercheurs engagés dans des directions proches. Elle doit permettre de signaler à l’administration et aux agences que telle ou telle recherche devrait bénéficier de davantage de temps et de budget.

b) Donner du temps et de la qualité à l’évaluation
Pour atteindre de tels objectifs, une instance représentative doit avoir des moyens plus considérables, pouvoir s’appuyer plus largement sur la communauté scientifique, avoir plus de temps pour lire et entendre, pour débattre de ses propres critères, assimiler ce qu’elle apprend à mesure qu’elle prend connaissance de l’état d’une recherche en perpétuelle évolution.

c) Respecter le rythme de la recherche et de l’enseignement
L’évaluation doit suivre le rythme naturel du savoir, correspondre à la durée de gestation des hypothèses originales et des projets scientifiques et intellectuels ambitieux, respectant le rythme à laquelle ceux-ci peuvent féconder un enseignement stimulant. Dans le cadre de la défense de notre statut, à cheval sur enseignement et recherche, nous devons ainsi préserver le fait que recherche et enseignement soient évalués ensemble, l’un en regard de l’autre. C’est bien là l’essence de notre mission de service public, alliant la recherche, l’enseignement, l’information scientifique et technique, accomplie, au service de tous, par des agents qui vouent leur vie à se rendre chaque jour un peu plus savants et plus à même de partager leur savoir.


Référence électronique

"II • Revendications pour une réforme du système d’évaluation", publié le 11 avril 2011, URL : http://www.resistances.net/spip.php?article28, consulté en ligne le 16 décembre 2017


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